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Des loups-garous en Bretagne

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La Bretagne peut se targuer d'avoir ses propres loups-garous. Aussi connu sous le nom de Den-Bleiz, Bleiz-garv ou Bleiz-noz, le lycanthrope est connu pour semer chaos et dévastation sur son passage, dévorant les bêtes et brûlant forêts et landes...

Le loup-garou, une malédiction

Dans son étude parue en 1912, le folkloriste Yves Le Diberder nous livre, au travers de témoignages recueillis dans la campagne bretonne, la spécificité régionale du phénomène européen. Ainsi, le garou est en fait un homme sur qui a été lancée une malédiction suite à un meurtre ou pour fait d'impiété religieuse. Ce dernier est alors condamné à « porter le diable 7 ans sur son dos » et doit courir toute la nuit en crachant du feu par ses yeux, sa bouche et ses deux oreilles. Le loup-garou en Bretagne, nous le voyons, est lié à une forme de possession de la part du malin. Le chiffre 7 est porteur d'un symbolisme particulier, sans doute repris par le diable pour parodier son adversaire.

 

Peinture. — Le Loup-Garou, par M. Maurice Sand 1857

 

Une possibilité de rédemption

Parmi les récits recueillis par Yves Le Diberder figure celui d'un homme victime d'une malédiction le transformant en loup-garou. Celui-ci aurait révélé à sa femme, alors qu'il avait retrouvé sa forme humaine, le moyen de le délivrer de son sort.

La seule chose qui peut chasser l'influence maléfique du corps de son mari est de le piquer à l'aide d'une épingle à couture. Seule l'obtention d'une goutte de sang pourra obliger le diable à sortir du corps de son hôte. Le seul problème, c'est que cette goutte de sang doit être obtenue lorsque l'homme a pris forme animale. La femme s'arma donc de courage et attendit de nuit son mari, au bord d'une rivière, selon ses indications. Lorsque celui-ci parut, elle lança une pelote chargée d'épingles vers la bête entourée de flammes. La goutte de sang suinta et le diable sauta dans l'eau de la rivière, fou de rage. L'auteur n'indique pas la raison de cette unique goutte de sang versée afin de purger le malheureux du mal qui l'assaille.

Il est intéressant de constater que le loup-garou est en Bretagne souvent associé au Bugul-Noz, sorte de berger aux traits de bête que l'on peut croiser de nuit sur les chemins. Mais de cela, nous en parlerons dans un prochain article !

Yves Le Diberder, folkloriste breton. Né le 29 juillet 1887 à Lorient, mort le 17 mars 1959 à Vannes.

 

 

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