De la Nouvelle Vague aux premières expérimentations de vidéo légère, Alain Jacquier a traversé plusieurs décennies de cinéma et de télévision. Réalisateur, technicien, conseiller et collaborateur de Jean-Luc Godard, il a côtoyé de nombreuses personnalités du septième art. Disparu le 13 mars 2026 à l'âge de 86 ans, il laisse derrière lui le témoignage d'une époque passionnante de l'histoire du cinéma français. Kargad souhaite aujourd'hui lui rendre hommage.
Une rencontre inattendue grâce à un article sur Kargad
Il y a un peu plus d'un an, au lendemain de la publication d'un article dans Ouest-France consacré à Kargad Production, je recevais un appel téléphonique inattendu.
À l'autre bout du fil, un homme souhaitait simplement me féliciter pour mon engagement dans le cinéma et pour le projet que nous entreprenions de développer en Bretagne.
Cet homme s'appelait Alain Jacquier.
Au fil de notre conversation, il commença à me raconter son parcours. Il me parla de tournages, de réalisateurs et de grandes figures du cinéma français qu'il avait rencontrées ou avec lesquelles il avait travaillé.
François Truffaut, Jean-Luc Godard, Pierre Schaeffer, Romain Gary… Les noms se succédaient au rythme de ses souvenirs.
Intrigué par son histoire, je lui proposai de réaliser une interview afin de recueillir son témoignage pour Kargad Production.
Nous avons ainsi enregistré un long entretien au cours duquel il est revenu sur sa carrière et les transformations du cinéma auxquelles il avait assisté. La conversation empruntait parfois des chemins inattendus, passant d'une anecdote de tournage à une rencontre marquante, puis à une réflexion sur les métiers de l'image.
En reprenant cet enregistrement pour en préparer la publication, j'ai appris avec tristesse qu'Alain Jacquier nous avait quittés le 13 mars 2026, à Lorient, à l'âge de 86 ans.
Cet entretien, initialement destiné à faire découvrir son parcours, prend aujourd'hui une autre dimension.
Il devient l'occasion de rendre hommage à un homme qui a consacré une grande partie de sa vie au cinéma et à ses évolutions techniques.

Antoine Bernard et Alain Jacquier lors de l'entretien réalisé en juillet 2025. Photo Erell Plestan.
Une jeunesse parisienne et la découverte du cinéma
Alain Jean Paul Jacquier naît le 4 novembre 1939 à Courbevoie, en région parisienne.
Son enfance se déroule pendant la Seconde Guerre mondiale, dont il conserve plusieurs souvenirs. Son père, ingénieur, espère le voir suivre une carrière technique. Alain fréquente le lycée Carnot, à Paris, mais se passionne d'abord pour l'aviation.
C'est finalement le cinéma qui décide de son avenir.
Dans les années 1950, un film britannique consacré à l'aviation et au franchissement du mur du son le marque profondément. Fasciné par la puissance des images et leur capacité à immerger le spectateur dans l'action, il découvre une vocation.
Son père lui trouve alors un stage auprès d'une société de production. Alain accompagne une équipe réalisant un film sur la sécurité dans les mines, à Decazeville.
Cette première expérience confirme son désir de travailler dans le septième art.

Le tournage du film « Quai de Grenelle » d'Emil-Edwin Reinert, à la gare de l'Est à Paris, au printemps 1950. Archives Emil-Edwin Reinert.
Ses premiers pas dans la photographie et le cinéma
Alain Jacquier commence sa carrière par la photographie. Équipé d'un Rolleiflex, il réalise des reportages et des clichés de plateaux de tournage. Il évoque notamment des travaux effectués en relation avec un correspondant de la chaîne américaine CBS.
Il développe lui-même ses photographies et acquiert progressivement une expérience pratique de la prise de vue professionnelle.
Il intègre ensuite l'École nationale de photographie et de cinématographie, située rue de Vaugirard, à Paris. Cet établissement, ancêtre de l'École nationale supérieure Louis-Lumière, forme alors de nombreux professionnels de l'image.
Peu séduit par un enseignement qu'il juge parfois trop théorique, Alain privilégie les expériences concrètes et les rencontres avec les professionnels.
L'une d'elles lui laissera un souvenir particulièrement marquant.

Un Rolleiflex datant de 1951, appareil photographique emblématique de l'époque. Alain Jacquier utilisait un boîtier de cette marque lorsqu'il réalisait ses premières photographies de presse et de plateaux de cinéma. Photographie Laya Gerlock, CC BY 2.0.
François Truffaut et le tournage des Quatre Cents Coups
Entre novembre 1958 et janvier 1959, François Truffaut tourne Les Quatre Cents Coups, son premier long métrage, avec le jeune Jean-Pierre Léaud.
Certaines séquences sont réalisées dans l'établissement de la rue de Vaugirard. Alain raconte avoir assisté à une partie du tournage et observé le travail de l'équipe.
Il découvre ainsi les méthodes d'une nouvelle génération de cinéastes qui s'apprête à bouleverser le cinéma français.
Photographié par Henri Decaë, Les Quatre Cents Coups est présenté au Festival de Cannes en 1959, où Truffaut reçoit le prix de la mise en scène.
Cette expérience constitue pour Alain l'un de ses premiers contacts avec les figures de la Nouvelle Vague.

François Truffaut sur un tournage dans les années 1960. Alain Jacquier racontait avoir assisté à une partie du tournage des Quatre Cents Coups en 1958. Source Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.
Les premières réalisations et la rencontre avec Pierre Schaeffer
À la fin des années 1950, Alain Jacquier entreprend ses propres réalisations.
Il évoque notamment un court métrage inspiré d'un poème de Stéphane Mallarmé, tourné dans les jardins du Trocadéro, à Paris. Ce projet lui permet de présenter son travail à plusieurs professionnels du cinéma.
En 1961, selon son témoignage, il rejoint le Service de la recherche de la Radiodiffusion-télévision française, créé l'année précédente sous la direction de Pierre Schaeffer.
Ingénieur, compositeur et pionnier de la musique concrète, Schaeffer dirige alors un laboratoire consacré à l'expérimentation audiovisuelle.
Réalisateurs, musiciens, artistes et techniciens y explorent de nouvelles formes d'expression mêlant images et sons.
Alain évoque son activité au sein du Groupe de recherche image. Il raconte notamment avoir réalisé un film présentant des gibbons, dont les mouvements étaient montés sur une musique d'Erik Satie.
Il assure en avoir effectué lui-même les prises de vue et le montage.
Il mentionne également plusieurs essais de fiction, dont une œuvre inspirée d'un apologue hindou, tournée dans les Pyrénées.
Cette période lui permet d'explorer la dimension artistique de la réalisation tout en approfondissant ses connaissances techniques.

Pierre Schaeffer dans un studio de recherche de la RTF, institution au sein de laquelle Alain Jacquier raconte avoir travaillé dès 1961. Source Musée de la musique.
Le Service cinématographique des armées
En janvier 1962, Alain Jacquier est appelé sous les drapeaux.
Il rejoint le Service cinématographique des armées, installé au fort d'Ivry, où ses compétences sont mises à profit pour la production de films institutionnels et pédagogiques.
Il cite notamment Le Cas de Jacques Bréval et une réalisation consacrée à l'instruction militaire.
Pendant environ dix-huit mois, il travaille dans un environnement où les impératifs de tournage doivent composer avec les contraintes hiérarchiques.
À l'issue de son service, il reprend ses activités dans le cinéma et la télévision.

Le fort d'Ivry, photographié en 1870-1871, accueillera plus tard le Service cinématographique des armées où Alain Jacquier effectua son service militaire en 1962. Photographie Hippolyte Blancard, Paris Musées, CC0.
Au contact des cinéastes de la Nouvelle Vague
Dans les années 1960, Alain Jacquier poursuit son parcours comme assistant réalisateur et technicien.
Il évoque sa participation à plusieurs productions documentaires pour la télévision, notamment Mémoire de notre temps, associée à Roger Stéphane et Roland Darbois.
Ses activités le conduisent également à fréquenter le milieu des Cahiers du cinéma, revue fondée en 1951 et devenue l'un des principaux foyers intellectuels de la Nouvelle Vague.
Il y croise des réalisateurs et des critiques parmi lesquels François Truffaut, Jean-Luc Godard et Éric Rohmer.
Alain se souvient des discussions passionnées qui animaient ce cercle, où les divergences artistiques étaient fréquentes. Admirateur de Robert Bresson, il ne partageait pas toujours les positions de ses interlocuteurs.
Il évoque également sa relation avec René Vautier, réalisateur engagé, qu'il aurait aidé à accéder à certains laboratoires cinématographiques parisiens.
Mais c'est surtout sa collaboration avec Jean-Luc Godard qui laisse une trace documentaire particulièrement intéressante.

François Truffaut, Jean-Luc Godard et plusieurs réalisateurs lors des événements du Festival de Cannes en mai 1968, figures d'une génération de cinéastes qu'Alain Jacquier a côtoyée.
Une collaboration avec Jean-Luc Godard confirmée par les archives
Le 4 avril 1974, le journal Le Monde publie un article intitulé Un producteur de télévision qui ne peut pas faire de télévision.
Le journaliste y évoque le travail d'Alain Jacquier aux côtés de Jean-Luc Godard et leurs recherches communes autour des nouveaux moyens de production audiovisuelle.
Le texte mentionne une collaboration liée à Un film comme les autres, œuvre de Godard consacrée aux événements de Mai 68, ainsi qu'un atelier expérimental installé rue Rochechouart, à Paris.
Les deux hommes s'intéressent alors aux possibilités offertes par les équipements vidéo légers et le format Super 8.
À une époque où la production cinématographique exige encore des moyens matériels et financiers importants, ils envisagent des méthodes plus accessibles pour fabriquer et diffuser les images.
Alain Jacquier évoque notamment les difficultés économiques de la pellicule Super 8 et les perspectives ouvertes par les moniteurs vidéo.
L'idée de petites salles capables de diffuser des œuvres sans passer par les circuits traditionnels du cinéma fait partie des pistes étudiées.
Cette archive est particulièrement précieuse. Elle confirme l'implication professionnelle d'Alain dans les recherches menées avec Jean-Luc Godard et témoigne de son intérêt pour la transformation des techniques audiovisuelles.
Son apport ne se limitait donc pas à ses rencontres avec de grands cinéastes. Il participait lui-même à la réflexion sur les moyens de production et de diffusion de l'image.

Jean-Luc Godard en 1968. Sa collaboration avec Alain Jacquier autour de nouvelles techniques audiovisuelles est documentée dans un article du Monde publié en avril 1974. Photographie Gary Stevens, CC BY 2.0.
Les Beaux-Arts et l'arrivée de la vidéo légère
Alain situe une autre étape importante de son parcours en 1968, lorsqu'il affirme avoir été recruté comme responsable de l'audiovisuel à l'École des beaux-arts de Paris.
Cette période correspond à l'essor de nouvelles techniques d'enregistrement vidéo, notamment grâce aux appareils portatifs développés par Sony.
Les systèmes Portapak permettent d'associer une caméra électronique à un magnétoscope transportable, offrant une alternative plus souple à la pellicule.
Pour les artistes et les documentaristes, ces équipements ouvrent des perspectives inédites. Il devient possible d'enregistrer des images et de les visionner sans passer par un laboratoire de développement.
Alain raconte avoir suivi de près ces innovations et côtoyé plusieurs personnalités intéressées par les nouvelles formes de création audiovisuelle, parmi lesquelles Chris Marker et Carole Roussopoulos.
Son expérience professionnelle l'amène progressivement à intervenir dans l'installation, l'utilisation et le développement de ces nouveaux équipements.

La cour intérieure de l'École des beaux-arts de Paris, où Alain Jacquier déclarait avoir exercé des responsabilités dans l'audiovisuel à partir de 1968. Photographie Higespike, CC BY-SA 4.0.
Des échanges avec Sony et Akio Morita
Passionné par les innovations techniques, Alain Jacquier évoque également ses relations avec l'entreprise japonaise Sony et son cofondateur Akio Morita.
Il raconte avoir fréquenté plusieurs salons professionnels européens consacrés aux équipements audiovisuels.
L'un de ses souvenirs concerne une visite d'usine en Angleterre, au cours de laquelle il aurait rencontré Akio Morita avant de revenir en France avec deux caméras Sony.
Si les circonstances exactes de cet épisode restent à documenter, son témoignage illustre la place que les évolutions technologiques occupaient dans sa carrière.
Il s'intéressait autant aux possibilités artistiques de ces appareils qu'à leur capacité à transformer les conditions de travail des professionnels.
Les recherches décrites par Le Monde en 1974 témoignent de cet engagement dans le développement de moyens audiovisuels plus légers.

Akio Morita, cofondateur de Sony, photographié en 1972. Photographie Avelino Ginjo, Archives publiques de l'État de São Paulo.
Une activité de conseiller technique et de réalisateur
Au fil des années, Alain Jacquier exerce différentes fonctions dans le secteur cinématographique.
Il évoque notamment son activité de conseiller technique auprès de créateurs souhaitant passer à la réalisation.
Parmi les projets cités figure Les oiseaux vont mourir au Pérou, film de Romain Gary tourné en 1967 et sorti en France en 1968.
La nature exacte de son intervention sur cette production n'a pas pu être établie à partir des génériques consultés.
Son parcours mêle progressivement prise de vue, réalisation, organisation de tournages et accompagnement technique.
Lors de notre entretien, Alain se définit volontiers comme un technicien, un terme qui englobe pour lui des compétences nombreuses, acquises au fil des productions.

Romain Gary et Jean Seberg à l'époque du film Les oiseaux vont mourir au Pérou, une production pour laquelle Alain Jacquier évoquait une intervention technique.
Des responsabilités dans la télévision régionale
Avec la généralisation des équipements vidéo professionnels, Alain s'oriente également vers des fonctions d'organisation et de coordination technique.
Il raconte avoir travaillé avec France 3, notamment dans le secteur Limousin–Poitou-Charentes, au cours des années suivant l'élection de François Mitterrand en 1981.
Intervenant comme prestataire par l'intermédiaire de sa propre société, il décrit la gestion de moyens de production mobile comprenant un car vidéo, plusieurs caméras et des équipements d'enregistrement.
Il évoque des responsabilités importantes, avec un dispositif mobilisant jusqu'à 75 personnes.
Cette expérience témoigne d'une évolution vers des activités d'encadrement, où sa connaissance des équipements et des méthodes de tournage constitue un atout essentiel.

Une régie de télévision analogique illustrant les équipements professionnels qu'Alain Jacquier a connus au cours de sa carrière dans l'audiovisuel.
Le Palace et le monde du spectacle parisien
La carrière d'Alain Jacquier le conduit également dans l'univers du spectacle.
Il évoque notamment une activité au Palace, célèbre établissement parisien devenu, à partir de 1978, l'un des principaux lieux de la vie nocturne et culturelle de la capitale.
Il raconte y avoir réalisé une production audiovisuelle liée à une soirée consacrée aux disques d'or, dans le contexte de l'essor de la musique disco.
Cette expérience l'amène à fréquenter un milieu où se croisent artistes, producteurs, personnalités de la télévision et professionnels du divertissement.

Le sculpteur César, Jacques Lanzmann et Michel Audiard lors d'une soirée au Palace à Paris, en 1981. Photographie Olivier VM Dumay, CC BY-SA 4.0.
L'Entrepôt et la programmation cinématographique
Parmi ses souvenirs professionnels figure également L'Entrepôt, établissement culturel ouvert à Paris en 1975 à l'initiative de Frédéric Mitterrand.
Réunissant plusieurs salles de cinéma et des espaces de convivialité, ce lieu devient un rendez-vous important pour les amateurs de films et de découvertes artistiques.
Alain raconte avoir participé à une démarche destinée à préserver son activité, alors menacée selon ses souvenirs.
Il affirme avoir ensuite occupé des responsabilités dans l'établissement pendant deux à trois ans, notamment dans le domaine de la programmation.
Il pouvait ainsi mettre à profit ses relations professionnelles pour proposer des œuvres et contribuer à leur diffusion.
Cette expérience lui permettait d'aborder une autre facette du cinéma, celle de l'exploitation des salles et de la rencontre avec les spectateurs.

L'Entrepôt, cinéma et lieu culturel parisien fondé par Frédéric Mitterrand en 1975, où Alain Jacquier affirme avoir exercé des responsabilités dans la programmation.
Des rencontres au fil d'une vie de cinéma
François Truffaut, Jean-Luc Godard, Jean-Pierre Melville, Jean-Pierre Mocky, Bourvil, Jean Rochefort, Serge Reggiani ou Raymond Devos figurent parmi les personnalités évoquées par Alain Jacquier.
Il raconte les avoir croisés dans des circonstances variées, parfois sur des tournages, à l'occasion de déplacements professionnels ou au cours de rencontres plus personnelles.
Certaines anecdotes témoignent de relations durables, d'autres de simples moments partagés avec des artistes devenus célèbres.
Toutes ne correspondent pas à des collaborations cinématographiques. Son récit permet néanmoins d'entrevoir un milieu professionnel dans lequel réalisateurs, producteurs et techniciens entretenaient des relations étroites.
Au-delà des noms prestigieux, ces souvenirs révèlent surtout un homme curieux, passionné par les métiers de l'image et présent dans de nombreux environnements de création.

Jean-Pierre Mocky et Fernandel sur le tournage de La Bourse ou la Vie en 1965. Alain Jacquier évoquait dans son entretien de nombreuses rencontres avec les personnalités du cinéma français.
Une retraite en Bretagne et un regard toujours attentif sur le cinéma
Installé dans la région lorientaise pour les dernières années de sa vie, Alain Jacquier continuait de s'intéresser aux transformations de l'audiovisuel.
Caméras numériques, drones et nouvelles méthodes de tournage nourrissaient encore sa curiosité.
Il portait toutefois un regard critique sur certains aspects du cinéma contemporain, regrettant notamment le manque de soin parfois accordé à l'éclairage ou à l'intelligibilité des dialogues.
Pour lui, l'évolution des équipements ne devait pas faire oublier les fondamentaux de la réalisation.
Notre entretien fut également l'occasion d'évoquer la Bretagne et son potentiel cinématographique.
Alain s'intéressait à la présence de techniciens, d'écoles et de sociétés de production dans la région. Il regrettait que certaines figures historiques bretonnes ne soient pas davantage représentées à l'écran.
Il évoquait notamment un ancien projet consacré à Marion du Faouët, personnage historique qui avait retenu son attention.
Cette volonté de transmettre des histoires et de valoriser le patrimoine faisait naturellement écho aux ambitions de Kargad Production.
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Antoine Bernard et Alain Jacquier lors de l'entretien réalisé en juillet 2025. Photo Erell Plestan.
Le souvenir d'une rencontre
Lorsque Alain Jacquier m'a contacté, je ne connaissais rien de son parcours.
Il avait simplement découvert notre association dans la presse et souhaitait m'encourager dans cette aventure.
Ce premier appel aurait pu rester une conversation parmi d'autres. Il nous a finalement conduits à enregistrer un témoignage précieux sur plusieurs décennies d'histoire du cinéma français.
En préparant cet article, j'ai découvert dans les archives du Monde une trace de son travail avec Jean-Luc Godard, publiée en 1974, plus de cinquante ans avant notre rencontre.
Ce document m'a permis de mieux comprendre certaines expériences qu'il avait tenté de me raconter.
Derrière les grands noms, les anecdotes et les souvenirs parfois difficiles à replacer dans le temps, se dessinait le parcours d'un professionnel ayant participé aux transformations techniques et artistiques de l'audiovisuel.
J'aurais aimé pouvoir lui montrer cet article et poursuivre notre conversation.
Je regrette de n'avoir appris sa disparition que plusieurs mois après son décès, mais je suis heureux d'avoir pu recueillir une partie de son histoire.
Kargad Production souhaite lui rendre hommage et adresser ses pensées à sa famille et à ses proches
"Merci, Alain, d'avoir pris le temps de me contacter, de m'encourager et de partager avec moi une partie de votre histoire."
Antoine Bernard
Président de Kargad Production
Cet article s'appuie sur un entretien enregistré par Kargad Production et sur des archives historiques, notamment un article du Monde publié le 4 avril 1974. Les souvenirs personnels d'Alain Jacquier sont rapportés comme tels lorsque les informations ne peuvent être confirmées indépendamment.
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Kargad Production — Entretien audiovisuel inédit avec Alain Jacquier, réalisé par Antoine Bernard.
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Le Monde, 4 avril 1974 — Un producteur de télévision qui ne peut pas faire de télévision. Article documentant la collaboration entre Alain Jacquier et Jean-Luc Godard.
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Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC) — Les Quatre Cents Coups fête ses 60 ans.
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British Film Institute (BFI) — Les lieux de tournage des Quatre Cents Coups.
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Cinémathèque française — Les oiseaux vont mourir au Pérou, réalisé par Romain Gary en 1967.
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Libra Memoria — Avis de décès d'Alain Jacquier, mars 2026.


